Loire, Saint-Florent-le-Viel (2)

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Elle est faite de vent et de plumes, de douceur de sable, de rondeurs. 

Sur l’épi de pierres, l’odeur d’un peuplier, semé ici par quelque oiseau, il pousse en buisson bas et trapu, aura-t-il l’opportunité de grandir plus avant? 

Sur la berge un saule à deux temps, l’un vertical et presque mort, l’autre allongé vers l’eau et vivant, nouant avec le fleuve une conversation intemporelle, qui durera le temps que la terre dure. 

Le vent souffle fort dans les ramages qui bruissent en répons, le ciel noircit, le vent forcit et emporte des feuilles petites et jaunes, elles dansent en écho aux mouettes qui volent bas, plus loin sur l’eau, loin du rivage.

Les feuilles tombées du saule nappent le bord de l’eau, ourlent le clapotis de perles vertes et jaunes, avant de couler. 

Dans cette baie entre deux digues, une barque noire, telle une ponctuation, un guillemet ouvert, qui n’attend que de trouver son guillemet fermé, ou peut-être des points de suspension. 

Je suis assise sur le sable que l’épi retient là, au sec, loin de l’humidité de la terre, à l’abri du vent, pour combien de temps encore? L’eau se froisse de milliers de ridules, le souffle que je ne vois pas laisse son empreinte de friselis tourbillonnants. Quelques gouttes marquent mon papier… Sur l’autre rive le ciel est plus clair, derrière moi il laisse entrevoir quelques trouées bleues, devant, le gris est de plus en plus uniforme. Très sombre. La Loire se marque de cercles légers. 

Un voilier, aérienne virgule blanche, gîte puis finit par se coucher sur l’eau, le matelot s’est montré prévoyant, et, bien placé, aura tôt fait de le redresser. 

La pluie sonne sur ma veste, je remonte ma capuche et ferme mon cahier avant que l’averse ne le déchire. 

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